Monday, 13 March 2006

Le nouveau guide alimentaire canadien… déjà vétuste!


Le gouvernement canadien s’apprête à publier son nouveau guide alimentaire mais rate encore cette occasion pour l’exempter de ses aberrations actuelles.

L’ineptie la plus notoire du guide consiste à recommander jusqu’à 12 portions de produits céréaliers par jour. Comment des fonctionnaires supposément mus par des intérêts scientifiques peuvent-ils prétendre essentielle une catégorie d’aliments qui n’existait même pas lorsque le système digestif de l’homme moderne fût conçu?

L’agriculture est née avec le début de l’ère néolithique, soit 10 000 ans avant Jésus-Christ. Avant cette époque, aucun animal ne consommait de produits céréaliers sur cette planète. Or la génétique humaine n’a pas changé depuis 50 000 ans. C’est donc dire que l’homme du paléolithique, époque précédent l’agriculture, arrivait à se nourrir très convenablement sans ni pain, ni riz, ni pâtes.

Grâce aux récents progrès en paléontologie,  les momies, cadavres congelés et autres vestiges de ces hommes paléolithiques révèlent qu’à cette époque l’obésité, le diabète, le cancer et l’athérosclérose étaient à toutes fins pratiques inexistants. De plus, la pandémie d’obésité qui sévit actuellement dans les pays industrialisés provient justement d’une consommation excessive d’aliments à index glycémique élevé dont notamment la plupart des produits céréaliers. Ces aliments agissent comme des carburants dont l'indice d'octane serait trop élevé et finissent par détraquer la fonction régulatrice de l'insuline et de ce fait, favoriser l'obésité.

Le guide alimentaire canadien devrait au moins restreindre ses recommandations aux céréales intégrales dont l’impact insulinémique est moindre. Hélas, la plupart des produits céréaliers consommés en Amérique du nord sont du pain et des pâtes de farine blanche raffinée et des céréales complètement dénaturée. Par ce fait, le guide continue donc d’encourager de bien mauvaises habitudes alimentaires.

D'aucuns penseront que le gouvernement a privilégié l’intérêt des producteurs céréaliers des pairies à celui de la santé publique.

Monday, 19 December 2005

Végétarisme et légendes urbaines


Tout ce qui brille n’est pas or, tout ce qui scintille n'est pas argent. Ce proverbe finnois s’applique particulièrement bien au végétarisme. Malgré ses attraits spirituels, écologiques et branchés, ce mode d’alimentation convient très mal à l’être humain. La science moderne comprend désormais pourquoi.

Pourtant, combien d’entre nous se culpabilisent encore à manger de la viande, en particulier de la viande rouge. Cette culpabilité est tellement bien ancrée dans notre psyché collective qu’on en vient à développer un dégout pour le rosbif saignant. Si l’excès de viande rouge peut être cancérigène,  sa consommation modérée est pourtant recommandée, en particulier chez les femmes anémiques.

Tous les experts s’accordent pour encourager la consommation abondante de fruits et légumes. Étrangement ce message est souvent perçu au sein de la population comme un plaidoyer végétarien. Pourtant il n’en est rien.

Si une carence en polyphénols provenant des fruits et légumes accroit les risques de cancer, il en est de même pour une carence en acide eicosapentaenoique, un acide gras oméga-3 à 20 atomes de carbone provenant exclusivement de la viande. Bref la meilleure arme contre le cancer demeure encore l’équilibre alimentaire.

On sait depuis longtemps que toutes les protéines végétales sont incomplètes. Néanmoins les végétariens consciencieux compensaient cet inconvénient en diversifiant quotidiennement leurs sources de protéines végétales.

Toutefois, la plupart des végétariens ignorent encore que l’être humain, en particulier les enfants et gens âgés, arrivent difficilement à synthétiser l’acide docosahexaenoique (appelé aussi acide cervonique), un acide gras à 22 atomes de carbone, primordial au bon fonctionnement du système nerveux à partir de l’acide linolénique alpha, un acide gras à 18 atomes de carbone qu’on retrouve dans les végétaux. Hélas nombres d’enfants accusent un retard scolaire à cause d’une déficience en acide cervonique, phénomène qu’on observe fréquemment en milieu défavorisé. Cette même carence accélère aussi les pertes de mémoires et éventuellement la démence chez les gens plus âgés.

C’est pourquoi la consommation si prisée de graines de lin est, à toutes fins pratiques, inutile. La seule façon de ne pas manquer d’oméga-3 est de manger de la viande, en particulier du poisson gras de mer ou du gibier sauvage. Hélas le bétail élevé artificiellement au grain est carencé en oméga-3. Et pourtant, d’aucuns croient que la viande de grain est supérieure. Décidemment les légendes urbaines ont la carapace dure!

Tuesday, 13 December 2005

Fiscalité et malbouffe


La fiscalité d’un pays est aussi révélatrice de ses valeurs sociales que peut l’être l’ADN pour un être vivant. Ainsi aux États-Unis, un citoyen paie moins d’impôt mais reçoit en revanche beaucoup moins de services de l’état. Au Canada et en particulier au Québec, nous avons fait le choix social de se doter d’une panoplie de services sociaux dont un système de santé gratuit. Le coût de ce choix se traduit par une fiscalité plus lourde mais aussi plus sélective. Par exemple, les œufs ne sont pas taxés, le caviar est taxé aux taux habituels de la taxe de vente, et l’alcool fait l’objet d’une taxe spéciale en sus des taxes de ventes habituelles.

Ces taux variables visent deux objectifs : l’équité sociale et un effet dissuasif. D’une part, on subventionne indirectement les aliments essentiels et d’autre part, on taxe les aliments de luxe et encore davantage les aliments potentiellement nocifs.

L’imposition d’une taxe sur la malbouffe atteindrait simultanément ces deux objectifs en plus de générer des recettes additionnelles pour l’état. À l’instar du taux d’imposition qui augmente avec le revenu, la délinquance alimentaire serait mise à contribution pour financer l’augmentation des coûts de la santé, ce qui m’apparaît socialement équitable. Par ailleurs, une telle taxe spéciale diminuerait la consommation d’aliments malsains au profit d’aliments sains. Par exemple, si le sirop d’érable artificiel coûtait aussi cher que le naturel, ses ventes chuteraient sûrement. 

Les économies que réalisent actuellement les citoyens moins nantis en achetant les substituts industriels des aliments naturels ne sont qu’une illusion car elles se repayent au centuple en coûts de santé additionnels. En effet, traiter le cancer, le diabète et les cardiopathies coûtent beaucoup plus cher que les prévenir grâce à une saine alimentation. Comme les soins de santé sont gratuits au pays, ce sont tous les contribuables qui payent la note des délinquants alimentaires. Autrement dit, vos impôts augmentent à chaque fois que votre voisine fait ses tartes avec du shortening au lieu de beurre. En effet, le shortening contient des gras trans, lesquels ont un effet dévastateur sur la santé.

Une taxe sur la malbouffe augmenterait les recettes de l’état tout en diminuant les coûts du système d’assurance-maladie sans compter les pertes économiques intangibles découlant de la maladie comme l’absentéisme au travail. Toutes ces économies dégageraient les fonds nécessaires pour financer des campagnes de sensibilisation mais aussi, et pourquoi pas, augmenter les prestations d’assurances sociales. Ainsi les bénéficiaires auraient désormais les moyens de s’acheter des aliments sains mais hélas plus dispendieux comme des fruits et légumes frais. Par contre, le Mc Donald deviendrait une sortie de luxe réservée aux gens fortunés.

Le taux d’obésité s’accroit vertigineusement dans tous les pays occidentaux avec les États-Unis en tête de peloton. Les coûts de la santé dans ce pays explosent littéralement. Chaque bedaine molle d’adolescent se traduit par un infarctus rendu à l’âge de trente ans. Hélas, notre système de santé canadien est déjà mal en point et ne survivra pas à cette explosion quand l’onde de choc nous atteindra. Après avoir consciencieusement payé leurs impôts toute leur vie, les rares canadiens qui se rendront à l’âge de la retraite devront continuer de payer mais cette fois-ci pour leur médecin et médicaments. Le statu quo n’est donc plus une option.

Comment s’y prendre pour taxer la malbouffe? Au lieu de taxer les aliments vendus au détail, il serait plus simple et efficace de taxer les matières premières malsaines qui composent généralement la malbouffe. Ainsi le mécanisme fiscal actuel pour taxer l’alcool pourrait être adapté pour toutes les substances à index glycémique élevé dont les sucres rapides (sucre blanc, glucose, dextrose, etc…), les farines raffinées (pain blanc, pâtes blanches, riz blanc, ...), et les céréales transformées (Corn Flakes, Special K, Froot Loops, …). Faute d’interdire les gras trans, on pourrait les taxer de la même manière; idem pour les essences artificielles et produits de conservation comme les nitrites. Donc selon cette logique, plus un aliment contiendrait de substances toxiques, plus il coûterait cher.

Depuis 2001, les américains pourchassent les terroristes à travers le monde. Pourtant les pires terroristes habitent les États-Unis et ne sont nullement importunés par la justice. Ce sont les administrateurs des sociétés agro-alimentaires qui empoisonnent bon an mal an plusieurs dizaines de millions d’américains avec leur malbouffe. Pendant ce temps, les accrocs de la malbouffe me traitent de « taliban de la santé ».…

Monday, 24 October 2005

À quand la cigarette bio ?


Personne n’est contre la vertu et moi non plus. Il est toujours préférable réduire sa consommation de pesticides notamment en mangeant bio.

Toutefois, manger bio n’est pas une panacée. Les pesticides et autres produits chimiques causent à peine 2% des cancers dans la population générale. Ils sont relativement inoffensifs  lorsque comparés au tabagisme et à la mauvaise alimentation qui entrainent chacun  40% des cancers.

Les non fumeurs qui s’alimentent de façon équilibrée ont donc avantage à manger bio. Cependant, tous les autres devraient revoir leurs priorités. C’est notamment le cas des végétaliens dont l’alimentation est déficiente et hautement cancérigène. En effet, l’absence des acides eicosapentaenoiques et docosahexaenoiques du végétalisme engendre un déséquilibre des hormones eicosanoidales et conséquemment une condition inflammatoire hautement propice à l’incidence du cancer. Pourtant combien de ces végétaliens au visage blême paradent dans les médias pour vanter leur alimentation miraculeuse. 

Autrement dit, manger bio sans manger équilibré revient à fumer des cigarettes bio dont le tabac serait exempt de pesticide. D’aucuns conviendront qu’il est préférable de cesser de fumer.

Friday, 30 September 2005

Lettre ouverte à André Chagnon


Monsieur Chagnon,

Au départ, j’ai été profondément ému par votre offre de fournir 400 millions de dollars de votre poche pour lutter contre l’obésité pandémique chez les jeunes. Nombre d’intellectuels de gauche prétendent sans vergogne que le sens social et le sens des affaires ne peuvent cohabiter chez un même individu. Or je m’entendais déjà vous citer comme grand capitaliste et philanthrope de ce monde pour leur clouer le bec.

Ensuite, j’ai commencé à voir le jupon dépasser. J’ai compris que vous cherchiez à installer confortablement votre lucrative chaîne de restauration Le Commensal à travers toutes les écoles du Québec. Votre stratégie m’a fait sourire mais nullement choqué. Après tout, quand le Canada aide financièrement un pays de tiers du monde à la suite d’une catastrophe naturelle, l’argent revient souvent au bercail via les nombreuses entreprises canadiennes qu’il impose pour la reconstruction. À cheval donné, on ne regarde pas la bride.

Finalement, je me suis rappelé que Le Commensal ne servait pas de viande et que vous étiez d’ailleurs un Ayatollah reconnu du végétarisme pur et dur. Là j’ai commencé à déchanter.  Pardonnez-moi cette comparaison scabreuse mais votre tactique ma rappelle celle des gourous sans scrupules qui profite des difficultés des gens pour les enrôler dans leur secte. 

Bien sûr une carence en fruits et légumes hypothèque sérieusement la santé et la croissance de nos jeunes. Toutefois une carence en viande, en fer et en huile de poisson causera tout autant de dommages sinon plus. Remplacer la malbouffe par le végétarisme ne fera donc que déplacer le problème.

Si vous agissez véritablement par altruisme, utilisez vos sous et vos aptitudes évangélisatrices pour convertir nos jeunes à manger équilibrer et à bannir la malbouffe de leur alimentation. Les colas, chips et frites ne contiennent aucune protéine ou gras animal mais causent pourtant autant de décès que le tabagisme.

L’alimentation est une science médicale et non une science sociale. Ne laissez pas vos idéaux politiques ou spirituels altérer votre jugement scientifique. 

Tuesday, 27 September 2005

Y a-t-il un journaliste à La Presse ?


Madame Elkouri,

Descendez de votre tour d’ivoire, traversez la rue et rendez-vous au Palais de justice de Montréal. Ne laissez pas vos idéaux féministes vous aveugler pour un instant et vous verrez qu’il existe bel et bien une justice à deux vitesses au Québec.

En théorie, le patrimoine familial est divisé moitié-moitié à la suite d’un divorce. En pratique, il n’en est rien. Notre si cher principe de droit, l’habeas corpus, ne résiste pas à une accusation de violence conjugale. N’importe quelle femme au Québec peut faire incarcérer son conjoint en claquant des doigts et ce, sans preuve ni témoin.

Plusieurs avocats véreux ont compris le système et n’hésite pas à conseiller à leurs clientes de se parjurer en Cour pour discréditer leur conjoint. Souvent les accusés sont innocentés mais trop tard car le mal est fait. L’ostracisme social dont est victime l’agresseur présumé mine sa crédibilité et le force à négocier son divorce à rabais.

Je suis passé à la varlope ainsi que tous mes amis le moindrement fortunés. C’est un phénomène de génération. C’est comme-ci les juges actuels voulaient nous faire payer les abus des hommes de leur âge.

Faite consciencieusement votre travail de journaliste et vous découvrirez des statistiques dérangeantes comme le taux de suicide chez les hommes récemment divorcés ou encore le taux de violence conjugale chez les couples lesbiens. Vos idées reçues en prendront un dur coup.

En matière de justice matrimoniale, les histoires d’horreur pleuvent au Québec. À moi seul, j’en connais suffisamment pour vous donner la nausée.

Sunday, 7 August 2005

Taxons la malbouffe


Il y a vingt ans, l'ennemi numéro 1 de la population était le tabagisme. Aujourd'hui I'obésité a dérobé cette première place. Le problème de sous-financement du système de santé n'est donc pas prêt de se résorber, bien au contraire. Pour avoir une idée de ce qui nous attend, il suffit de regarder vers le sud. Aux États-unis, l'obésité a fait carrément exploser les coûts de la santé au cours des dix dernières années. Québec devra donc augmenter substantiellement le budget de la santé sans quoi la qualité des soins continuera de se détériorer.

Qu'on le veuille on non, cet accroissement du budget passe inexorablement par un accroissement parallèle du fardeau fiscal. La question est de déterminer comment taxer davantage la population.

On a suggéré récemment de hausser la taxe de vente provinciale. À mon sens, cette mesure ne serait pas équitable car les coûts de santé sont très variables d'un citoyen à l'autre. Certes on ne reprocher à un individu d'avoir une santé plus fragile. Néanmoins on peut certainement pénaliser un individu qui adopte sciemment des habitudes de vie qui causent préjudice à sa santé. Or le lien entre l'obésité et la malbouffe est clairement établi.

Taxer la malbouffe accomplirait deux objectifs louables. D'une part, pénaliser la délinquance alimentaire m'apparait socialement équitable. D'autre part, l'augmentation des prix réduirait la part de marché de la malbouffe et incidemment les coûts du système de santé.

Il reste maintenant à définir le terme "malbouffe" d'un point de vue législatif. La loi devrait minimalement taxer tout aliment préparé avec sucre ajouté ou edulcorant. Ainsi le cola serait taxé mais non les bananes. La loi devrait aller aussi loin que de taxer l'index glycémique des aliments préparés. Ainsi le pain blanc et les pates blanches seraient taxés mais non leur contrepartie de blé entier ou intégral.

La loi devrait également taxer tout aliment préparé avec des gras trans (Ottawa devait bannir ces aliments mais la chambre des communes ne semble pas pressée de mettre en application ce projet de loi). Ainsi les frites de la plupart des grandes chaines de malbouffe seraient doublement taxées: une fois à cause de l'index glycémique et une fois à cause des gras trans.