Saturday, 28 April 2007

Les nouveaux curés


Il y a toujours eu et il y aura toujours des gens au sein de la population qui prennent un vilain plaisir à moraliser les autres. Autrefois, ce groupuscule était personnalisé par les curés. Aujourd’hui, comme la religion catholique bat de l’aile, les environnementalistes ont pris la relève.

Bien-entendu, personne n’est contre la vertu. Toutefois, force est d’admettre que le discours de certains environnementalistes n’est pas toujours fondé scientifiquement. On l’a vu récemment avec cette idée saugrenue d’abolir les ampoules incandescentes.  Non seulement, l’élimination après usage des ampoules fluorescentes compactes pose un problème écologique à cause du mercure qu’elles contiennent mais en plus,  les économies énergétiques que ces ampoules procurent sont très discutables. En effet, l’énergie calorifique générée par une ampoule incandescente n’est pas moins efficace qu’un calorifère électrique pour chauffer un appartement. Comme au Canada, nous sommes la plupart du temps en mode chauffage, la plupart des kilowattheures dépensés en sus par les ampoules incandescentes sont récupérés au niveau des coûts de chauffage.

L’idée du maire Tremblay de pénaliser les automobilistes qui « préchauffent » leur véhicule en hiver n’a guère plus de sens. Un moteur à combustion qui est sollicité à froid consomme beaucoup plus de carburant et, en plus, génère des gaz toxiques (NOX et SOX) parce que la réaction chimique est incomplète. Si notre maire se cherche une bonne idée pour réduire les émissions de gaz carbonique des automobilistes, je lui suggère d’autoriser les virages à droite sur feux rouges.

Nos plus fervents militants environnementalistes s’habillent de linge recyclé et évitent même d’utiliser des appareils électroménagers. Ce mode de vie ne rappelle-t-il pas la simplicité volontaire de nos anciens ecclésiastiques? Tous les moyens sont bons pour nous faire sentir coupables.  La vraie question est de savoir s’ils défendent vraiment la planète ou s’ils se font simplement plaisir?

Friday, 13 April 2007

Obésité juvénile : à qui la faute?


Il y a longtemps que je n’étais pas sorti en boîte à Montréal. Le choc fut d’autant plus brutal. Les femmes minces y étaient toutes âgées d’au moins trente ans sinon quarante. A contrario, les plus jeunes étaient grassettes, voire carrément rondes C’est le monde à l’envers.

Non seulement l’obésité s’est répandue au pays comme un feu de paille, mais le plus alarmant est qu’elle est désormais socialement acceptée et acceptable. À mon époque, les quelques rares adolescentes obèses étaient rarement convoitées. Aujourd’hui, les bourrelets sont devenus la norme esthétique. Tant mieux pour les grosses si elles  ne sont plus marginalisées socialement. Toutefois, cette nouvelle tendance comporte le fâcheux inconvénient de banaliser l’obésité qui est devenu, au fil des ans, la principale cause de mortalité. L’obésité, faut-il le rappeler, n’est pas un problème d’esthétique ou de morale mais bien de santé publique.

Pour expliquer l’obésité infantile, on accuse sans détour la sédentarité des jeunes et leur alimentation malsaine. Or nos mères, bien qu’elles fussent incontestablement plus actives que nos adolescentes d’aujourd’hui, pratiquaient beaucoup moins de sports que les garçons. Pourtant, la plupart étaient encore minces et désirables à vingt ans. Mon point est  qu’il n’est pas nécessaire d’être un athlète pour maintenir sa ligne. Paradoxalement, certaines adolescentes d’aujourd’hui s’engagent activement dans des équipes de sport, et pourtant elles sont tout de même plus enrobées que leur mère au même âge.

Il est inutile de chercher bien loin la cause de l’obésité infantile : nos jeunes, en particulier nos jeunes filles, ont changé d’alimentation. Bien sûr, les milliards dépensés chaque année en publicité par les géants de la malbouffe ont contribué à ce changement. Leurs gourous en marketing ont réussi à reprogrammer la relation de nos enfants avec la nourriture C’est pourquoi McDonald’s installait de coûteux mais captivants parcs dans leurs restaurants il y a vingt ans : très tôt dans leur développement psychologique, ils associaient ainsi malbouffe et plaisirs dans la tête de nos enfants. C’est précisément cette première génération d’enfants qui s’amusaient à trois ans dans les parcs de McDonald’s qui dandinent aujourd’hui leurs bourrelets sur les pistes de danse.

J’aurais espéré que nos professionnels de la santé luttent contre la manipulation des compagnies agro-alimentaires, mais ils l’ont aidé malgré eux. D’abord, les pédopsychologues ont créé la génération de l’enfant-roi grâce à leurs savants conseils en matière d’éducation. Ainsi, il ne faut plus priver de dessert un enfant qui ne finit pas son assiette ni même le forcer à manger sainement. Comme les enfants constituent une cible vulnérable à la publicité, il devient alors facile aux géants de la malbouffe de s’immiscer dans le menu familial. Autrefois, les parents décidaient du menu familial. Aujourd’hui, ce sont les enfants, ou plutôt les industriels via la bouche des enfants.

D’après moi, les diététistes et leur guide alimentaire ont constitué les principaux alliés de la malbouffe. Leur croisade tous azimuts contre le gras et la viande depuis les années ‘70 a créé une confusion populaire magistrale. Leur discours omet de dire qu’un aliment faible en gras est forcément riche en sucre. En effet, les calories ne proviennent que de trois sources possibles : les sucres (glucides), les gras (lipides) et les protéines (protides). Comme les protéines constituent rarement 20 % de l’apport calorique total, mais jamais plus de 30 %, le reste est forcément divisé entre les sucres et les gras. Or une calorie de gras ne fait pas plus engraisser qu’une calorie de sucre. De plus, les sucres, surtout les mauvais sucres, détractent le mécanisme de satiété si bien que nous finissons par manger au-delà de notre appétit réel. Ce sont précisément ces calories ingérées en trop qui entrainent l’obésité.

Certaines diététistes prétendent encore aujourd’hui qu’il n’y a pas de bons ou de mauvais aliments, que tout est une question de quantité. C’est complètement faux. Les jeunes d’autrefois mangeaient à satiété, mais n’engraissaient pas parce que leur alimentation était plus équilibrée. Or une alimentation équilibrée implique bien sûr des protéines mais aussi des sucres et des gras.

La qualité et non la quantité des aliments détermine donc l’obésité. Il y a de bons sucres comme le brocoli mais aussi de mauvais comme le coca-cola. Il y a de bons gras comme l’huile d’olives mais aussi de mauvais comme la margarine. Le danger réside dans les calories vides qu’on retrouve justement dans la malbouffe.

En encouragent une consommation excessive de glucides, sans égard à leur qualité, les diététistes ont pavé la voie vers la fortune aux géants de la malbouffe. En dénigrant la viande, en particulier la viande rouge, elles ont favorisé le végétarisme, un régime impropre à l’homme et ainsi entrainé toutes sortes de carences alimentaires chez nos adolescentes, notamment en fer, en vitamine B12 et en acide cervonique (oméga-3 ADH).

Les adolescentes sont particulièrement vulnérables à la propagande des diététistes. En effet, elles traversent une période psychologique difficile de leur vie où il est facile de verser dans l’idéalisme, notamment l’idéalisme alimentaire. Soit qu’elles assument mal leur rôle de prédateur dans la chaine alimentaire, soit qu’elles s’opposent à la chasse aux phoques, elles délaissent progressivement la viande au profit des féculents. La majorité d’entre elles commencent alors à prendre du poids. Les autres deviennent anorexiques pour éviter cette prise de poids ou commencent à fumer. Dans un cas comme dans l’autre, elles hypothèquent leur santé pour la vie.

Le guide alimentaire canadien fait fausse route avec son concept de portions. Il devrait plutôt parler de proportions. En effet, les jeunes mangeront toujours à leur faim. Il est inutile, voire contreproductif, de leur imposer une portion en sus ou en deçà de leur appétit. Faute d’agir sur la quantité, agissons plutôt sur la qualité des aliments. Notre responsabilité en tant que parents est de leur préparer des repas équilibrés où l’on retrouve légumes, fruits et viandes. Il faut aussi avoir le courage de tenir tête à l’offensive médiatique en limitant les heures de télévision et en bannissant toute malbouffe de la résidence familiale. En interdisant les chips, les frites, les poutines, les céréales croustillantes et les sodas, et en modérant le pain blanc, la pomme de terre, le riz et les pâtes, vos enfants retrouveront leur appétit normal et incidemment leur taille.

L’environnement est devenu un thème incontournable de la politique contemporaine. Nos décideurs ont finalement saisi l’importance de limiter l’ambition des industries polluantes afin de léguer un environnement sain à la génération qui succède. Quand comprendront-ils qu’il faut limiter l’ambition de l’industrie de la malbouffe afin de léguer aussi la santé à la génération qui succède?

Wednesday, 25 October 2006

Moins gras, moins sucré, vraiment?


Je contribue à ma façon à la lutte contre l’obésité juvénile via mon livre, ma conférence, mes articles et mes passages à la télé. Je ne peux donc que saluer haut et fort les initiatives que prennent actuellement les gouvernements provinciaux et fédéral en la matière, en plus de l’intervention du privé comme la fondation Chagnon. Toutefois, je sursaute à chaque fois que j’entends leur leitmotiv « moins gras, moins sucré ».

En effet, il s’agit d’un non-sens scientifique : un aliment ne peut être à la fois moins gras et moins sucré. Nos dirigeants auraient intérêt à réviser leur ABC de la nutrition. Les aliments sont constitués de trois macroéléments : les glucides (sucres), les lipides (gras) et les protides (protéines et acides aminées).  Le fromage Emmental figure parmi les aliments présentant la plus forte teneur en protides soit 29%. Presque tous les autres aliments en contiennent une moindre proportion. La plupart des calories proviennent donc des gras et/ou des sucres.

En fait, il ne s’agit pas de manger moins gras ou moins sucré mais de mieux choisir ses gras et ses sucres. Un muffin moins sucré au goût ne contient pas nécessairement moins de sucre. La farine ne contient que du sucre… mais non sucré. Même le brocoli ne contient que des sucres… mais des bons sucres comme pour la plupart des fruits et légumes.

Il en est de même pour les gras. Aucun aliment n’est plus gras que l’huile d’olive. Pourtant, ses gras sont essentiellement mono-insaturés, donc bons pour la santé. La plupart des coupes de bœuf sont moins grasses que le saumon. Par contre, ce dernier renferme plus de gras oméga-3, un excellent gras.

Moins gras ne signifie pas nécessairement meilleur. Le yaourt allégé en est un exemple patent. On y remplace le gras par de l’amidon de maïs pour conserver artificiellement la texture désirée. Ce faisant, on fait bondir son index glycémique et transforme en malbouffe un aliment qui était sain au départ.

Le chemin le plus court vers l’obésité est paradoxalement une alimentation très pauvre en gras. Non seulement l’organisme est alors privé d’acides gras essentiels à sa régulation hormonale mais en plus, la surcharge glycémique qui en découle fausse le mécanisme de satiété et favorise ainsi la surconsommation. Les agriculteurs l’ont bien compris et nourrissent  leurs porcs exclusivement au grain afin de les faire engraisser le plus rapidement possible.

Les intervenants de la nutrition auraient donc avantage à soigner leur discours car des incohérences comme celle que je dénonce ici finissent par miner la confiance du public. Or, si la population décroche, toutes ces belles initiatives de sensibilisation ne porteront que peu de fruits.

Tuesday, 3 October 2006

La violence n’a pas de frontières


La tuerie de Virginia Tech nous rappelle que ni la modernité, ni la loi 101 ne sont responsables de la violence. En fait, la violence n’a pas de frontières : un peu partout, des citoyens « ordinaires » pètent des plombs et parfois commettent l’irréparable. Ce phénomène n’est pas différent au Québec qu’ailleurs en Amérique du Nord.

Je ne crois pas qu’il faille démoniser les auteurs de ces crimes odieux. J’ose même croire qu’un nombre beaucoup plus important de citoyens « ordinaires » jonglent  quotidiennement avec des fantasmes homicides. Heureusement, une infime proportion d’entre eux passe du fantasme à l’acte.

À chercher des explications trop faciles à ces crimes ou trop politiquement correctes, on passe à coté du vrai problème. À vouloir récupérer ces crimes à des fins politiques comme les féministes avec la tuerie de Polytechnique, on n’accomplit pas davantage. Au fond, nous savons tous hypocritement que nul n’est à l’abri du mal de vivre. Toutefois, nous refusons l’idée que la violence habite tout et chacun d’entre nous. Or parfois, le mal de vivre se synchronise avec une fragilité passagère de la personnalité et l’inexplicable se produit. Ces facteurs présentent la même faible probabilité de converger que ceux entrainant la chute d’un viaduc. Tel est le propre du crime passionnel. Son auteur ne partage aucunement les desseins ni l’état d’esprit des criminels classiques.

Ces tueries qui se succèdent l’une après les autres m’attristent mais ne me surprennent pas.  Je m’étonne même qu’elles surviennent si rarement compte tenu compte tenu de la violence sourde qui habite plusieurs de nos concitoyens. Réveillons-nous car nous dormons sur une poudrière. Il nous faut mettre en place des mécanismes de prévention.

La première étape d’un plan de prévention consiste à cesser de traiter ces auteurs de crimes passionnels comme des criminels classiques. Qu’ils s’agissent de célèbres fusillades ou encore, à plus petite échelle, de drames conjugaux, ces hommes ou ces femmes sont à la base des citoyens ordinaires qui ont simplement dérapé. Or ce dérapage est un processus long et progressif qui ne passe pas inaperçu. En effet, les gens qui souffrent émettent toujours des signaux de détresse avant de passer à l’acte. Or souvent leurs proches ferment les yeux au lieu d’intervenir avec les conséquences qu’on connaît.

L’Internet constitue un médium de communication de prédilection pour les jeunes. De ce fait, il constitue donc également un outil important pour sonder leurs états d’âme. Dans la tête des jeunes, la frontière est mince entre le virtuel et le réel. Aussi ne faut-il pas prendre à la légère leurs menaces virtuelles. On l’a compris récemment au Québec avec la vague d’arrestation de jeunes qui a suivi les événements de Dawson.

Hélas, on l’a compris de la mauvaise manière. Alors que ces jeunes ont un urgent besoin de support psychologique, on les incarcère. On les prive ainsi non seulement de l’aide d’un psychologue mais aussi de l’aide de leur famille et amis. En plus, on les humilie publiquement. Déjà au départ, ces jeunes présentaient une personnalité vulnérable. Or le processus judiciaire les fragilise encore davantage. C’est exactement le même traitement qu’on réserve aux hommes accusés de violence conjugale.

Il faut bien comprendre une fois pour toutes que la prison n’est pas une thérapie pour les auteurs de crimes passionnels. L’état dépressif du prévenu combiné à la mauvaise influence des codétenus est un cocktail explosif. Ça passe ou ça casse. À mon sens, la criminalisation  de la violence conjugale explique l’augmentation du taux de drames conjugaux qui se concluent en homicide (suicides inclus). Or j’ai bien peur que le même phénomène social se reproduise chez les jeunes accusés de menaces virtuelles.

Une intervention adéquate ne consiste donc pas à jouer à l’autruche, ni à jeter de l’huile sur le feu. Une bonne intervention consiste à impliquer des professionnels de la santé mentale et non les professionnels de la justice. L’incarcération ne procure qu’un sentiment illusoire et passager de sécurité. Tôt ou tard le prévenu sera libéré et sa détresse intérieure sera alors peut-être convertie en rage profonde contre la société. L’usage de la force ne fait que reporter sinon amplifier le problème. La répression policière n’est pas une solution. Ce vieil adage s’applique également à une société entière : « Qui vit par l’épée, meurt par l’épée ».

Saturday, 1 July 2006

Lettre ouverte à une amie souffrant d'obésité morbide


Chère Nathalie,

Lundi dernier, la sœur d'une de mes amies se faisait enlever 15 cm du gros intestin. Cette intervention chirurgicale était justifiée par un cancer et non l'obésité. Néanmoins, crois moi: ce ne fût pas une partie de plaisir.

L'employée d'une autre de mes amies s'est fait posé un anneau autour de l'estomac pour cause d'obésité. Le corps a mal réagi. L'infection s'est mis de la partie. Elle a dû être réopérée. Elle est retournée en congé de maladie pour trois mois.

Je te cite ces deux cas pour te rappeler que toute intervention chirurgicale comporte ses risques et inconvénients. C'est particulièrement vrai par les temps qui courent où les hôpitaux sont infestées de bactéries récalcitrantes (E. Difficile). Dans certains cas, les interventions chirurgicales sont inévitables. Toutefois, la plupart du temps, une bonne hygiène de vie est bien plus efficace.

Tu peux atteindre un poids normal simplement en modifiant tes habitudes alimentaires et sportives. Nul besoin de scalpel. Bien sûr tu devras te résigner à bannir éternellement de ton alimentation les chips, croustilles, frites, pomme de terre, pâtes, riz, pain blanc et friandises américaines. En revanche tu pourras te gaver de fruits, légumes et poissons de toutes sortes. N'est-il pas moins douloureux de t'astreindre à manger du brocoli que de passer au bistouri?

Grâce à mon livre, tu pourras manger à volonté. Promis, juré ! Mais pas n'importe quoi. Exit la cochonnerie. Bienvenue les asperges, les poivrons colorés, les choux-fleurs, artichauts, aubergines... de même que les cerises, fraises, bleuets, poires, raisins, agrumes, etc... Même la bonne viande est autorisée à volonté à condition de respecter les ratios. Toutefois, met une croix sur le steak haché.

J'ai entendu plusieurs personnes dans mon entourage se plaindre de ne pas apprécier ces aliments. Certains ont même évoqué des effets secondaires mystérieux suite à leur ingestion comme des ballonnements et flatulences. Crois-moi: tout se passe entre les deux oreilles. Il en est de même pour l'obésité et l'anorexie. Combien de personnes ont préféré mourir que de changer leur alimentation ! Peut-être m'accusera-t-on de manquer d'empathie mais je trouve ça pathétique.

Bref, si tu démontres de l'ouverture d'esprit, mon livre sera plus efficace et sécuritaire que l'intervention chirurgicale que tu envisages. Il n'en tient qu'à toi.

Je te souhaite bonne chance.


Friday, 2 June 2006

Les diététistes sont cuites


« Depuis 30 ans, les Canadiens ont réduit de 44% leur consommation de beurre et ont massivement délaissé le lait homogénéisé à 3,25% de matières grasses. » écrivait Stéphanie Bérubé aujourd'hui dans son article « Les carottes sont cuites » en première page de La Presse. En fait, depuis 30 ans, les Canadiens suivent les conseils de leur diététiste et mangent beaucoup moins gras qu’auparavant. Résultat? L’obésité bat aujourd’hui des records historiques au pays.

Surpris? Il y a plus de 20 ans que les études scientifiques démontrent que manger gras ne fait pas nécessairement engraisser et qu’une carence en gras peut sérieusement affecter la santé. Faut-il le rappeler, l’acide gras oméga-3 fait partie de la famille des gras et son rôle est crucial pour prévenir plusieurs désordres physiologiques et même psychiatriques. Manger moins gras implique nécessairement une proportion plus importante de glucides dans l’assiette. L’article de madame Bérubé confirme d’ailleurs que les Canadiens mangent 3,5 fois plus de riz qu’il y a 30 ans. Or un excès de glucides, en particulier de féculents, est l’une des principales causes d’obésité en occident.

Les féculents comme les pâtes, le riz, le pain, les pommes de terre sont des calories vides, c’est-à-dire qu’ils fournissent beaucoup de calories mais relativement bien peu de vitamines, minéraux et polyphénols. De plus, leur index glycémique élevé détracte le mécanisme de la satiété si bien que leur consommation détermine presque inexorablement une surconsommation de calories. En revanche, l’huile d’olive, qui constitue un excellent gras, contient de la cholécystokinine, une substance qui agit comme véritable coupe-faim. Ce même index glycémique élevé détracte également la régulation de l’insuline, entrainant de ce fait, le diabète de type 2 à long terme. Bref manger moins gras fait… engraisser. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer l’alimentation des porcs dans les porcheries modernes. Ils sont nourris exclusivement au grain. Pas un seul gramme de gras ne pénètre dans leur estomac et pourtant, ils sont bien dodus en arrivant à l’abattoir.

Avec la popularité grandissante des aliments dits « légers » ou « faible en gras » et, pire encore, du végétarisme, les glucides occupent désormais une proportion trop importante de notre alimentation. Les conséquences sur la santé sont nombreuses et néfastes. Une surconsommation de glucides favorise le mauvais cholestérol (LDL) dans le sang (en proportion du cholestérol total). De plus, une surconsommation de glucides entraine également une élévation des triglycérides dans le sang. Or ces deux paramètres physiologiques sont intimement corrélés avec l’incidence de cardiopathies.

Envers et contre toutes les études scientifiques, la plupart des diététistes continuent de  démoniser les aliments gras. Certaines diététistes poussent même l’hérésie jusqu’à écrire des livres et articles virtuels préconisant le végétalisme. Il n’y a pas si longtemps encore, elles favorisaient la margarine au beurre. Or la margarine est constituée de gras trans, le seul type de gras irrémédiablement néfaste pour la santé.

Non seulement, les études auxquelles je fais allusion sont aujourd’hui facilement disponibles sur Internet mais plusieurs auteurs ont écrit des livres pour en vulgariser les résultats comme les docteurs Gerald Reaven et Barry Sears aux États-Unis ou encore moi-même au Québec. Quelles excuses ont alors certaines diététistes pour ne pas rafraîchir leur discours périmé? Si un ingénieur civil spécifiait encore aujourd’hui de la mousse d’urée formaldéhyde comme isolant dans un bâtiment, il serait radié de l’Ordre des Ingénieurs du Québec. Pourquoi notre société est-elle plus tolérante à l’égard des diététistes qui refusent ou négligent de se renouveler?

Thursday, 25 May 2006

Obésité juvénile : à qui la faute ?


Nous n’insisterons jamais trop sur les ravages que cause l’obésité chez les jeunes. C’est pourquoi, nous les blâmons couramment pour leur manque d’exercice physique et la malbouffe qu’ils ingurgitent. Toutefois, n’aurions-nous également, adultes et parents, notre part de faute dans cette pandémie mondiale?

Bon an, mal an, il se dépense plus de 30 milliards par année en publicité pour la malbouffe en Amérique du Nord. On embauche les meilleurs psychologues industriels pour exploiter les faiblesses psychologiques de nos enfants et adolescents afin de les rendre dépendants à ce poison. Les industriels ne reculent devant rien pour laver le cerveau de nos jeunes, y compris construire des parcs d’amusement dans leurs restaurants ou encore associer leurs produits à leurs héros du cinéma.

Tout parent connaît la naïveté et la vulnérabilité d’un enfant. Aussi ne faudra-t-il pas s’étonner de l’efficacité avec laquelle la pub réussit à manipuler les goûts des enfants. Hélas la plupart des ados occidentaux sont aujourd’hui convaincus de préférer la poutine au saumon grillé sans se douter un instant qu’on a reprogrammé leurs sens gustatifs et olfactifs.

Les industriels ne sont pas les seuls à blâmer. L’école est une institution dont la mission première est l’éduction de nos jeunes. Pourtant, la cafétéria y sert la même nourriture pauvre et insipide. De plus, nombre d’écoles ont vendu leur âme au diable en signant  de lucratifs contrats de distribution de boissons gazeuses dans leurs aires communes.

Les écoles ne se contentent pas de mal nourrir leurs élèves; elles les incitent en plus à la sédentarité. Sous prétexte de compressions budgétaires, les heures consacrées hebdomadairement à l’éduction physique sont réduites. Au nom de leur sécurité, on empêche les élèves de se chamailler dans la cours de récréation et même, dans certaines institutions, on leur défend carrément de courir ! Il est vraiment pathétique d’entendre les directeurs d’écoles défendre ces politiques administratives avec leur jargon technocrate dernier cri.

Même nous les parents ne somment pas blancs comme neige. Dans la plupart des couples, les deux conjoints travaillent et ont moins de temps pour cuisiner ou s’occuper de leurs enfants. Cette douloureuse réalité combinée à un sentiment de culpabilité envers les enfants a engendré un nouveau phénomène : l’enfant-roi. Ainsi la plupart des parents n’osent pas confronter leurs enfants sur leurs choix alimentaires. De plus, ils acceptent de les reconduire toujours et partout, ce qui diminue passablement les occasions des enfants de marcher ou de prendre leurs vélos.

Il y a vingt ans, la plupart des parents décidaient du menu des enfants. Aujourd’hui, c’est rendu l’inverse, du moins en apparence. Dans les faits, ce sont plutôt les industriels qui dictent le menu des enfants via leur publicité. Il est donc d’autant plus important que les parents mettent leurs culottes et fassent contrepoids à ce lavage de cerveau industriel. Il ne suffit pas de mettre des enfants au monde; il faut aussi les amener en bonne santé physique et mentale jusqu’à l’âge adulte.